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El Grande N'Importe Nawak

El Grande N'Importe Nawak

Le Blog de Charly H.

[Souvenirs TV] « Les aventures du jeune Indiana Jones » (fin)

Troisième partie (après une présentation de son histoire et la rédaction et le casting) de mon article nostalgeek à l'occasion de la rediffusion de la série sur France 4:

 

Indiana Jones et la Dernière Croisade… des réalisateurs

George Lucas aimant à répéter que «Le secret est d’embaucher de bons employés», il ne lui restait plus qu’à trouver les réalisateurs à la hauteur de ses aspirations.

Cette idée d’alterner les réalisateurs à chaque épisode (pourtant aujourd’hui quasiment répandu dans toutes les productions télévisées) n’a pas non plus été la meilleure formule, à l’époque, de ses producteurs, limitant le succès de ces « Aventures » hebdomadaires auprès d’une large audience bien trop conditionnée.
Si cette idée a toujours (plus ou moins) parfaitement fonctionné en ce qui concerne le staff de scénaristes : les séries américaines s’étant toujours écrit à plusieurs mains (et cerveaux bourrés plus ou moins d’imagination) ensemble et qui développent l’intégralité de la trame d’une saison, les producteurs de la série vont s’éloigner, là aussi et sur le coup, de cette méthode : chacun produisant et créant l’épisode qui lui a été attribué, sans jamais vraiment comprendre comment allait fonctionner la série et vers quoi elle devait mener (une critique que certains pourraient peut-être renvoyé à l’incident de parcours scénaristique de la seconde saison de « Lost », si ce n’est de la chute de la série elle-même). Certains faisant un travail merveilleux quand d'autres, focalisés sur leurs idées et propre conception du show, n’arriveront pas à se connecter avec le reste du show. Et ce malgré le travail de Rick McCallum, associé et représentant du grand manitou George Lucas sur le terrain, qui essayait de garder à l’esprit et préserver la vision pédagogique de celui-ci, tout en ne devant pas brider les aspirations créatives de chaque équipe de tournage.

 http://img405.imageshack.us/img405/8332/yi90ps5.jpgLe français René Manzor sur le tournage de son épisode  se déroulant à Verdun

Lucas et McCallum faisant appel à des réalisateurs confirmés -le primé Danois réalisateur de « PELLE LE CONQUERANT » (Palme d'or, Oscar et Golden Globes du meilleur film étranger) Bille August, Mike Newell qui allait connaître le succès en 1994 avec « 4 MARIAGES ET UN ENTERREMENT » en 1994, le réalisateur Français René Manzor(« LE PASSAGE » en 1986 et « 36 15 CODE PERE NOEL » de triste mémoire en 1989), Carl Schultz(réalisateur de « LA SEPTIEME PROPHETIE », film fantastique de 1988 avec une jeune Demi Moore enceinte qui doit sauver le monde)- ou débutant (Michael Schultz, qui allait aussitôt enchainer sur une autre série oubliée : « Brisco County ») pour animer cette jeunesse aventureuse qui entraîne, au fil des épisodes, le téléspectateur aux quatre coins du monde, dans des décors exotiques et à la recherche de fabuleux trésors archéologiques (essentiellement lorsqu’intervient Sean Patrick Flanery).
Des réalisateurs acclamés à travers le monde –pour ce tour du monde temporel et historique- venant également ponctuer le show de leur participations :  les téléastes anglais Jim O'Brien,
David Hare, Terry Jones des Monty Python (déjà évoqué précédemment), ou Nicholas Roeg (directeur de la photographie et réalisateur de « L’HOMME QUI VENAIT D’AILLEURS » ou le biopic interstellaire de David Bowie), la réalisatrice Canadienne d’origine Indienne Deepa Mehta, Joe Johnston (directeur artistique sur plusieurs films de George Lucas et réalisateur de « THE ROCKETEER » évoqué plus haut), Ellery Ryan(réalisateur Australien passé par la case anglaise en réalisant un épisode de « L’Inspecteur Morse »), Simon Wincer (réalisateur du Mad Movie « HARLEQUIN », « DARYL », « MR  QUIGLEY L’AUSTRALEIN » ou le distrayant « HARLEY DAVIDSON ET L’HOMME AUX SIANTAGS ») et Vic Armstrong, doublure cascade de Harrison Ford qui s’essayait là à la réalisation –pour un ou plusieurs épisodes de la série.

Entraînant toute son équipe aux quatre coins du monde, à l’image de son jeune héros et sa famille, George Lucas posera les caméras de la production dans près d’une trentaine de pays (Angleterre, Russie, Inde, Australie, Egypte, Turquie, Kenya, entre autres) pour permettre au jeune Indy de rencontrer nombre de personnalités de tout horizon, ayant marqué l'Histoire d'une façon ou d'une autre et qui vont également marquer le sens moral et la vision à venir du héros cinématographique (passé –pour un peu plus vous embrouiller l’esprit) : le hors-la-loi Pancho Villa, le Premier ministre britannique Winston Churchill, le Président américain Theodore Roosevelt, le Maréchal Pétain, Charles De Gaulle,
l'empereur Charles d'Autriche, l'écrivain Ernest Hemingway, le jazzman Sidney Bechet, les pères de la psychanalyse Sigmund Freud, Carl Jung,les peintres Henri Rousseau, Pablo Picasso, Norman Rockwell,, la controversée Mata Hari, l’incorruptible Eliot Ness et son adversaire Al Capone parmi une centaine –ou presque.
Des personnalités qui ne sont évidemment pas tout le temps celles que l’on retrouve dans les livres d’Histoire, comme le rappelle encore le scénariste Frank
Darabont : «ces personnes qu’Indy rencontre ne sont pas les personnalités historiques, ni les événements connus, forcément ».
Le Premier Ministre britannique Winston Churchill n’étant encore qu’un jeune lieutenant, par exemple, Norman Rockwell un adolescent comme écrit plus haut, Thomas Edward Lawrence n’y étant qu’un étudiant en archéologie en motocyclette allant de sites de fouilles en sites de fouilles au pied des pyramides et non le célèbre Lawrence d'Arabie, ou Albert Schweitzer, un jeune homme également qui fait son travail humanitaire avec les indigènes, etc.
Quand, par exemple, l’épisode « 
Petrograd, juillet 1917 » (2X08) qui se déroule au cours de la révolution russe, n’a pas lieu durant l’historique Révolution d'Octobre, mais une précédent révolution qui a eu lieu plus tôt dans l'année.
Si George Lucas veut faire ouvrir à l’époque les livres d’Histoire aux kids, les parents qui se souviennent de leurs cours pourront aimer reconnaître certaines de ces personnalités avant qu’elles ne deviennent célèbres.
Une multiplication des rencontres historiques qui va également permettre d’y multiplier les apparitions d’un
casting extraordinaire de guest stars, allant de vedettes confirmées à des acteurs débutants mais prometteurs : (pêle-mêle et non-exhaustif) Christopher Lee, Vanessa Redgrave, Max von Sydow, Anne Heche, Lukas Haas, Elizabeth Hurley, Catherine Zeta-Jones, Jeffrey Wright, Daniel Craig, mais aussi des stars locales selon le pays où se déroule l’action et se passe le tournage, les épisodes français allant y voir défiler des noms comme Bernard Fresson, Cris Campion, Jean-Claude Bouillon, Jean-Pierre Castaldi (qui mine de rien travaille dans de nombreuses productions internationales), Jean Rougerie, Jean-Pierre Aumont ou Francis Lalanne (dans un épisode de son frère René Manzor).

 http://ia.media-imdb.com/images/M/MV5BNTIyMzE2NTY4OV5BMl5BanBnXkFtZTcwNjQxMjM4NA@@._V1._SX640_SY438_.jpg
Les Aventures internationales de la production du Jeune Indiana Jones

Sérietournée à travers le monde, jouissant des plus éminents acteurs de l'industrie cinématographique et télévisuelle, et non pas au sens simplement de la distribution mais surtout des réalisateurs et scénaristes, une partie de l’équipe (la seconde équipe de tournage, parmi laquelle on retrouve Vic Armstrong et Simon Crane entourant Crispin Reece) reste aux Etats-Unis, tournant avec George Hall ses courtes scènes dans les studios de la société Carolco Pictures (coupable des premiers « RAMBO » mais aussi « TOTAL RECALL » ou « STARGATE ») et en extérieurs à Wilmington en Caroline du Nord.
Le reste de l’équipe jouissant à l’étranger de l’excellent travail fait un aval par Rick McCallum, deuxième homme fort de la production, qui avait étendu son réseau de collaborateurs à travers le monde depuis la phase d’écriture et savait que tous ses chefs de service dépêchés sur les lieux de tournage allaient être à même de pouvoir travailler rapidement et efficacement. Non sans que le producteur exécutif et big boss George Lucas, avec qui il travaille en étroite collaboration, discutant avec lui quatre ou cinq fois par semaine en ce qui concerne des décisions importantes qui doivent être prises pour maintenir la série en cours d'exécution sur le calendrier prévu, ne vienne sur place, environ tous les deux ou trois semaines, pour rencontrer personnellement chacun des producteurs et réalisateurs : «Je travaille avec les réalisateurs et les amener à accepter ce que nous voulons faire, et puis ils sortent le faire, avouait à ce sujet le nabab hollywoodien. Me déplaçant ponctuellement pour tout vérifier, même si la vérité est qu’il n'y a rien que vous puissiez faire, même si vous êtes là. Ce que je veux dire, c'est que le réalisateur est maître à bord et il va faire ce qu'il veut faire. J'ai plus l'occasion, quand il rentre, d'avoir beaucoup plus de contrôle sur la façon dont l’épisode sera terminé… » en ce qui concerne la postproduction(sur laquelle je reviendrai plus bas dans l’article).

Mais notre récit en est encore pour le moment qu’au tournage de la série, qui si elle est produite en Angleterre et que certains épisodes vont s’y tourner (comme le pilot, ou certaines scènes d’épisodes chinois et des intérieurs de l'épisode égyptien), va donc voyager de l’Espagne (Barcelone et Almeria) à l’exotique Grande Muraille de Chine.

Ainsi débute le 13 mai 1991 à Almeria (site espagnol très célèbre dans l'industrie cinématographique puisque lieu historique de tournage de westerns spaghetti comme « LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND »), lieu du tournage de la poursuite du tank de « LA DERNIERE CROISADE » précédemment évoqué, le tournage des « Aventures du Jeune Indiana Jones ».
Sean Patrick Flanery allant découvrir sur place ce qu’allait être l'épopée Indiana Jones (cf. son premier accident lors d’une cascade raconté plus haut) lors d’un tournage caniculaire et poussiéreux de la seconde partie du pilot.
Le tournage africain en territoire Mora Massaï et à proximité de la rivière Tana (parcourue de crocodiles) allant, lui, s’avéré être l'expérience la plus puissante pour la distribution et l'équipe de vingt-cinq personnes (plus la soixantaine d’extras locaux) : la production allant créer de toute pièce une ville au milieu de la rivière Tana, mais aussi ses propres routes, piste d'atterrissage et quai (pour un transport efficace des matériaux), ainsi que des barrages pour empêcher les inondations, leur propre centrale électrique, stations d'assainissement des eaux (intoxiquées de salmonelles déclenchant diarrhée et maux d'estomac) et toilettes pour ce bivouac de huit semaines –situé à proximité de la frontière somalienne, alors en guerre civile et obligeant la production a mettre en place une force de sécurité en sus de tranchées et barbelés de protection.
Si douze personnes tomberont gravement malades en buvant cette eau que les fortes chaleurs obligent à consommer excessivement (près de trois litres quotidiens), le jeune acteur Sean Patrick Flanery se souviendra encore d’une scène sur laquelle il ne fut pas doublé et qui aurait pu mal tourner, étant tombé à l’eau après avoir heurté un banc de sable : « La chose la plus difficile que j'ai dû faire était de nager dans la rivière Tana et ne pas mourir. Il y avait des crocodiles. L'eau a une couleur de chocolat » mais n’en a pas le goût ni le charme, avec ces parasites qui peuvent vous tuer en trente secondes. « C'est le plus vil, dégoûtant et révoltant liquide que vous puissiez voir et je nage dedans. Un revolver de trois kilos autour de ma taille dans un étui. J'ai guêtres et des bottes de cuir, un gros casque attaché sur ma tête, et je nage dans cette rivière (…). Mon cœur à plus de 200 par minute, et puis, finalement, un bateau est venu me chercher ».
Le tournage suivant de dix-sept semaines à Prague (alors capitale d’une Tchécoslovaquie encore unie) allant lui présenter des troubles différents : l’équipe devant faire venir d’Allemagne une fois par semaine des vives, impossibles à trouver sur place à cause d’une extrême froid (qui tranche avec le climat africain), pour palier aux carences en vitamines et maladies des gencives qui les frappent. Une crise financière locale qui n’empêchera pas la municipalité d’aider la production en faisant retirer l’asphalte contemporain d’une rue pour y restituer des pavés anciens et lui redonner son cachet ancien.
Traverser ensuite l’Union soviétique, l'Autriche ou la France allant être plus calme avant d’achever l’aventure de la production en Egypte, qui pourra rappeler l’Afrique avec sa chaleur extraordinaire qui s’abat sur le tournage en plein désert !

Un tournage difficile mais merveilleux à l’image du souvenir et témoignage de Margaret Tyzack, actrice de la prestigieuse Royal Shakespeare Company britannique qui avec ce passé d’interprétations victoriennes aussi bien à la télévision, au cinéma ou au théâtre, incarne la tutrice victorienne Helen Seymour des très jeunes années d’Indiana Jones.
« Je n'oublierai jamais tous ces merveilleux endroits où je suis allé grâce au show » : un rêve d'acteur, malgré la chaleur intense autour des pyramides, se souvient encore l’actrice de 60 ans alors. « J'ai été très surpris de voir la hauteur de chaque marche des pyramides. Elles sont très, très élevées. Ce n'était pas facile de les monter! Et tout ce que j'avais à faire, je devais le faire dans mon costume édouardien, qui est très mal à l'aise. Mais c'est ce que les femmes portaient à cette époque-là ».

Une fois ces prises de vue (rocambolesques ou non) hebdomadaires en boite, le film était envoyé aux États-Lucas pour le montage et l’ajout des effets spéciaux

Le début de la fin ?

Première série au monde à utiliser la production numérique -technique pionnière qui allait, malheureusement, ouvrir la voie à Lucas aux retouches numériques (et aux prequels) qui enterreront son statut de cinéaste respecté et acclamé- « Les Aventures » devaient avoir, à la demande de celui-ci, le même style et la qualité d'un long métrage.
Chose impossible, compte tenu des calendriers accélérés et l’échelle réduite des budgets de production télévisuelle (même si chaque épisode coutait 1,5 millions de dollars (contre les 800 000 de la série « Highlander » par exemple et déjà haut dessus des budgets des séries de l’époque) pour trois semaines de tournage maximum -ou un peu plus lorsqu’intervenait Corey Carier, afin de tenir compte des lois limitant le nombre d'heures qu’un enfant peut passé sur un plateau), mais surtout qui n’avait encore jamais été fait auparavant.
Heureusement, ces progrès dans les technologies de postproduction vidéo devaient rendre toute l'entreprise réalisable.

Si la société de George Lucas, Industrial Light Lucas and Magic, déjà célèbre à travers le monde,  il n’en confie pas moins le travail à la toute jeune société d'infographie de San Francisco Western Images de produire tous les effets de chaque épisode hebdomadaire de 44 minutes -en étroite collaboration avec Lucasfilm.

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http://www.theraider.net/showimage.php?ImageUrl=http://www.theraider.net/films/young_indy/gallery/makingof/mo_25.jpg
Exemples de multiplications numériques

Des effets spéciaux qui ne seront pas forcément visibles au téléspectateur.
Effets discrets cherchant à améliorer la narration de la série, ceux-ci iront d'ajouter de la pluie pour faire disparaitre l'acteur Sean Patrick Flanery sur sa moto à quelque chose de beaucoup plus complexe, comme simuler une savane africaine numérique.
L'équipe de production ne pouvant non plus, en raison des contraintes de temps de tournage inférieures à celles d’une superproduction cinématographique, attendre son coucher de soleil parfait ou avoir assez de figurants et matériels pour reproduire une  cérémonie militaire en temps de guerre, Western Images était chargée de simuler cette couleur et cette texture du coucher de soleil recherché ou de fournir un régiment complet de soldats à partir d’une simple poignée de figurants clonés et multipliés numériquement pour continuer sur ces exemples.
Pour le pilot, par exemple, lors d’une scène très spectaculaire, le jeune Indiana Jones (Sean Patrick Flanery) tombé de son cheval devait être entouré de quarante cavaliers obéissant aux ordres de Pancho Villa… qui ne seront en réalité que douze cavaliers… multiplié numériquement pour faire économiser le coût élevé de location de chevaux et figurants.
Ces employés de George Lucas devant également nettoyer les négatifs d’images réelles en noir et blanc témoignant de cette Première Guerre Mondiale, avant de les coloriser numériquement pour les intégrer aux restes des images filmées quelque 70 ans plus tard.
Comme ils devront palier aux interdictions ou restrictions de tournage, comme dans cette scène de
 « Vienne, novembre 1908 » (2X11) où il leur a été interdit de tourner dans l’historique école espagnole d'équitation : contournant le problème en filmant un cheval dans un manège à proximité des lieux et utilisé comme matte painting numérique d’Industrial Light and Magic –ce rendu étant à la fois un moyen plus rentable et efficace de fournir des lieux d'arrière-plan, en deux à trois jours, que les classiques matte paintings aux pinceaux de l’époque et toujours trop coûteux pour une production TV. Ou en ajoutant le tunnel dans lequel doit passer le train dans lequel se bat Indy –tunnel qu’avait peint précédemment ILM et que Western Images allait numériser.

Effets spéciaux qui ensuite allaient être transmis sur disque dur avec le reste des films au monteur Edgar Burcksen, qui pouvait livrer à George Lucas un épisode une ou deux semaines plus tard –en utilisant le récent système de montage
non linéaire Harry de Quantel qui lui permettait d’intégrer le son au matériel source sans détruire celui-ci (puisqu’il n’y avait plus de découpe du négatif et pertes de rushes par paquet de douze ou plus) ou d’accéder directement à telle séquence pour la coller à une autre sans devoir dérouler des kilomètres de bandes en comparaison au bon vieux montage vidéo linéaire d’un film d’alors.
Une technique de copier-coller qui aujourd’hui peut vous sembler évidentes voire archaïques si vous avez l’habitude de monter vos propres films de vacances (ou d’autres dont je ne veux pas entendre parler) avec n’importe quel logiciel intégré à votre système d’exploitation ou téléchargé sur n’importe quel site d’aide informatique, mais qui était à l’époque une véritable révolution !

Une fois tout ce charabia technique passé, il ne restait plus qu’au Skywalker Ranch à corriger des couleurs ici ou là et accepter les changements de dernière minute de George Lucas.
Des demandes qu’une majorité de professionnels n’apprécient guère mais avec lesquelles les équipes de Lucasfilm ont appris à compter et pouvant même trouver cela constructif à en croire Jimi Simmons, le chef local des effets numériques : « Beaucoup de gens considèrent comme un inconvénient d'avoir à faire des effets « à la volée », mais pour moi, cela est très créatif et stimulant d'avoir quelqu'un comme George Lucas qui vient me demandez « Pensez-vous que vous pouvez faire cela ? » et ensuite être capable de couper cette scène » -comme il l’amplifiera dans ces sages « STAR WARS » à venir, que ce soient les rééditions ou la nouvelle pré-trilogie.
Car oui, comme il a été écrit en début d’article, pour beaucoup, « Les Aventures du Jeune Indiana Jones » a servi de galop d’essai de ces nouvelles techniques à George Lucas. Et à l’industrie cinématographique ensuite. Une série encore une fois novatrice et en avance sur son temps.
 « Ce que l'on appelait alors la postproduction est aujourd’hui devenue une partie intégrante du processus créatif » le rappelle Jonathan Keeton de Western Images. Partie extrêmement importante d’une production de qualité et à laquelle George Lucas va apprendre à consacrer le plus de temps et d'argent pour s'assurer que le calendrier soit respecté.
Ce montage final terminé, il ne restait plus qu’à ajouter l’illustration musicale de chaque épisode : travail confié en alternance à Laurence Rosenthal, compositeur de « L’Ile Fantastique » et « L’Age de Cristal » qui semble avoir pris sa retraite avec Indy, et le plus ou moins débutant Joel McNeely (un épisode des « Années Coups de Cœur » ou un de « Davy Crockett » pour le show de Disney Parade), qui ni l’un ni l’autre n’arriveront malheureusement à restituer la puissance du charme des compositions du grand John Williams, compositeur attitré de tous les films de Steven Spielberg et de l’intégralité de la saga « STAR WARS ».

Mais que va-t-il en être de la série sur le public ?


Et alors ? Indiana est reparti, sans s’presser, le grand Indy, le beau Indy, avec son ch’val et son grand chapeau…


Si George Lucas a réussi à développer le caractère d'Indiana Jones -et même osé le dévoiler en vieillard- en se libérant de la période (alors) restreinte des trois premiers films, le scénariste n’arrivera pas pour autant à concrétiser ses 70 épisodes imaginés en aval.
Etonnante série qui a dévoilé cette nouvelle facette de l’aventurier, « Les Aventures du Jeune Indiana Jones » vont très vite être
acclamées par la critique, la décrivant comme intelligente, audacieuse, bien écrite, irrévérencieuse et allant avoir une portée sans précédent –pouvant être le compagnon des petits-enfants du XXIème siècle du critique Bill Moyers, selon ses propres déclarations.

Mais pourtant, seulement vingt-huit épisodes (les sept de la première courte saison et vingt-un de la saison suivante) seront diffusés le mercredi puis le lundi avant que la chaine ABC annule le show faute d'audience satisfaisante et sous prétexte qu’elle était
plus cérébrale et moins orientée vers l'action que les films, alors que le show avait pris un bon départ et gagné de nombreux fans.
Car oui, les spectateurs qui avaient aimé la trilogie pour son merveilleux et fantasmagorique dosage d’action et d'aventure ne vont pas forcément comprendre et admettre la valeur éducative de la série et goûter cela, la trouvant trop éducatif et ... ennuyeux!

Le passionné d’Histoire George Lucas aurait pu être moins moralisateur dans son but didactique, mais dans sa quête de transmission des connaissances et d’incitation à l’ouverture culturelle, il a décidé d'être réaliste et a préféré offrir à ses téléspectateurs une jeunesse moins aventureuse dans le sens qu’il y ait moins d’action et de fantastique que les périples de l’archéologue et aventurier Harrison Ford.
L’idée de présenter cette frise historique dans un désordre chronologique, en alternant les récits consacrés à l’enfance et à l’adolescence d’Indy, associé à un report de case horaire de la part de la chaine allant finir de perdre les derniers téléspectateurs qui désiraient suivre le show.


http://www.lafete.com/img/prix134.jpgLe trophée en question

Pourtant la première saison de sept épisodes récoltera de nombreux Emmy Awards (meilleurs décors, costumes, maquillages et son) que récolteront deux des sept épisodes de la première saison (le double épisode pilot « La Malédiction du Chacal » par le téléaste britannique Jim O’Brien et l’épisode loner « Londres, Mai 1916 ») lors de la 44ème cérémonie d’août 1992 avant que la seconde saison n’en remporte encore plusieurs en 1993 (Meilleur son, costumes, musique, effets visuels) et 1994 (Meilleure musique pour son quatorzième épisode « Irlande, avril 1916 ») parmi ses nombreuses nominations à des cérémonies de récompenses (Emmy, Golden Globes ou Young Artist Awards pour Corey Carrier en 1993, qu’il remportera).
Des récompenses qui, au regard de l'état créatif et financier de George Lucas, avait convaincu ABC de s'engager pour une deuxième saison, à l'automne 1992… avant de le lâcher, sans diffuser les derniers épisodes.
Et malgré cet échec, Lucas, confiant, continue la production de la série : « (…) évidemment, je veux continuer avec eux. J'ai au moins vingt histoires que j'aimerais voir à l'écran », organisant une nouvelle série de rencontres avec les scénaristes de la série pour développer ces nouveaux épisodes, non sans aménager quelques changements au sein de l’équipe : Reg Gadney (romancier qui avait écrit quelques romans d'aventure et écrit le seizième épisode de la seconde saison
 « Paris, septembre 1908 ») sera remplacé par Jule Selbo, qui avait commencé sur « Tales from the Darkside » entre 1985 et 1988.

Malheureusement, le résultat final ne sera pas exactement celui imaginé : certes, des épisodes comme « 
Verdun, septembre 1916 » (1X05) (récompensé d’un Emmy Award 1992 du meilleur son, au passage) et « Somme, août 1916 » (2X02) (récompensé du même prix en 1993) réussissent à recréer parfaitement une ambiance réaliste illustrant les horreurs de cette Grande Guerre, mais la façon dont certains des personnages historiques ont été traités reste, par contre, parfois inexcusable.
En particulier, dans les épisodes première saison : les apparitions de l’auteur Franz Kafka, du peintre Pablo Picasso ou de l’impresario et critique Sergei Pavlovich Diaghilev, par exemple, n’ayant rien de réellement didactique à leur sujet, puisqu’ils étaient plutôt présentés comme des caricatures des personnages réels dans ces épisodes tendant plus vers la comédie dans cette série qui
Le (jeune) public risquant de ne pas se souvenir qui étaient ces personnalités historiques et merveilleuses à la fin des épisodes, au grand dam de son créateur.


Transférée en 1993 sur la chaine câblée USA Network, qui offrira au show sa dernière case horaire du samedi (comme en France, en fait, lorsque TF1 la diffusera), l’intégralité des épisodes –inédits ou non- de la seconde saison y seront diffusés avant l’arrêt total de la série.
A nouveau nominée pour une récompense (en l’occurrence les Golden Globes 1994 pour la Meilleure Série dramatique), la série –au bout de 32 épisodes- n’avait pourtant rien de honteux (en plus d’offrir une surprise de taille aux admirateurs du séducteur brun quarantenaire), mais il est parfois impossible de comprendre les méandres des producteurs de chaines (qui étirent à rallongent et jusqu’à l’indigestion des séries , « X-Files », « Lost » ou « Prison Break », lorsqu’ils fauchent en plein vol d’autres prometteuses : « Carnivale », « John Doe », etc).
Les véritables amateurs et fans allant retrouver dans une prétendue troisième saison (des téléfilms de 90 minutes se focalisant sur Sean Patrick Flanery) produite entre 1994 et 1996 notre héros pour des aventures hollywoodiennes, à travers l’Empire Britannique, le Maghreb, l’Allemagne et un retour à Princeton, lieu de naissance d’Indiana Jones, pour le final.

George Lucas, le fossoyeur
 http://img2-1.timeinc.net/ew/dynamic/imgs/100809/Indiana-Jones-Flannery_400.jpgSean Patrick Flanery et le regretté Ronny Coutteure (Rémy Baudouin)

Toujours attaché à son sympathique aventurier et cette jeunesse historique et pédagogique, le producteur George Lucas, qui a déjà commencé son œuvre de chirurgien esthétique visuel (allant ressortir en 1997 dans une édition dite spéciale les trois premiers « STAR WARS » ou les débuts d’un déformation au botox numérique d’une saga que j’ai aimé enfant), décide en 1996 de rééditer la série : rebaptisée simplement « Les Aventures d'Indiana Jones » (et non plus « du Jeune Indiana Jones »), cette arnaque télévisuelle cherche à proposer dans un ordre plus chronologique les épisodes initiaux en 23 téléfilms de 90 minutes, sous de  nouveaux titres, faisant disparaitre les inserts narratifs du vieil Indy (personnage qui effrayait ou du moins dérangeait une partie de l’audience) et allant jusqu’à tourner de nouvelles séquences pour consolider sans ellipses ou transitions trop violentes ces montages d’anciens épisodes dans ce nouveau format.
Pourtant, cette nouvelle approche linéaire de la chronologie ne va pas se faire sans problème, avec le pilot « la malédiction du chacal », par exemple, qui fait un bond entre ses deux parties de 1909 à 1916, obligeant la production à tourner une grande quantité de nouvelles scènes (sur lesquelles les effets spéciaux devront réussir le plus gros tour de passe-passe technique –avant de multiplier celui-ci sur les rééditions des films d’un space-opera fumeux- forcés de rajeunir et rétrécir l’acteur Corey Carier, qui a tout de même vieilli de cinq ans !) et diviser le récit en deux téléfilms distincts et inégaux –devenant les nouveaux épisode un et six (dans ce nouveau système de numérotation).
Le téléfilm « Les Masques du Mal », par exemple, n’étant que la fusion en un téléfilm de 90 minutes de deux histoires différentes (de Mike Newell et Dick Maas) n’ayant en commun que l’acteur Sean Patrick Flanery et une ambiance sombre se déroulant en 1918.
Les épisodes les plus faibles étant ainsi « améliorées » alors que d’autres, qui avaient été parfaitement travaillés en épisodes loners vont perdre de leur impact original –les transitions entre de tels épisodes ainsi réunis allant ridiculement et facilement se remarquer
Une fois ces tours d’esbroufes montés et tournés, la série sera même (re)diffusée sur le câble américain et la britannique BBC1.

Série qui reste peut-être l’un des produits télévisés les plus négligés dans ces nineties qui ne comptent pas que des succès ou des trucs particulièrement innovants ou bandants, « Les Aventures du Jeune Indiana Jones », malgré ses défauts, a au moins eu le courage de la part de son producteur et créateur d’oser se démarquer du ton de ses films initiaux en plus de proposer une narration trop différente de ce qui se faisait à l’époque.
Et si elle n’a pas connu le succès qu’elle aurait peut-être du connaitre lors de sa première diffusion, nous privant d’autres aventures à travers le monde de ce jeune témoin d’une Histoire qui s’écrivait dans les coins carrés de nos petites lucarnes, la série a tout de même vu
naître une véritable franchise de multiples proders (spécialité du mercantile créatif George Lucas, qui a tout de même inondé le monde des jouets et figurines de sa Guerre des Etoiles dès la fin des seventies, etc) : novellisations, jeux vidéos, trading cards à collectionner pour ceux et celles qui ne parleraient pas l’anglais... et aussi quatre béo éditées sur cidis.

Alors, c’est peut-être une chance que France 4 rediffuse (à la mi-journée à partir de lundi 7 et après des rediffusions demain après-midi) cette série, ignorant si la chaine intégrera cette troisième saison plus ou moins canoniques à leur rediffusion de la série.
Si vous désirez savoir qui a été le premier amour d’Indiana Jones (alors que vous devez vous souvenirs que l’une des femmes qu’il a le plus aimé et qu’on a pu rencontrer à deux reprises sur grand écran reste Marion Ravenwood), quel est l’événement qui l’a décidé à devenir archéologue (sa rencontre avec le pilleur de tombes, « Fedora », n’allant que lui confirmer son goût pour l’aventure) ou pourquoi son père est aussi distant avec son fils (si vous avez déjà oublié la réponse dans cet article)…


La rédemption ?

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La très belle édition DVD inédite en France de la série

Lorsqu’enfin il se décide à éditer en DVD les « trois » saisons de la série, au moment du tournage du quatrième film –ce « CRANE DE CRISTAL » de trop- en 2007 (qui ne reste malheureusement disponibles qu’en import Anglais en ce qui concerne la zone 2), le producteur désormais décrié par certains anciens fans, George Lucas, est pris d’une bonne et honorable idée qui pourra redorer son blason de restaurateur numérique digne d’une retraitée espagnole : durant trois ans et demi, le nabab fait produire, depuis son célèbre Skywalker Ranch, 94 documentaires bonus présentant les circonstances historiques et les nombreuses personnalités abordés dans la série -pouvant être visionnés après chaque épisode, à l’instar de ces petits documentaires pédagogiques des « Cités d’Or » de notre enfance, la voix merveilleuse de Jean Topart (qui vient tout juste de nous quitter le 29 décembre 2012) en moins.
George Lucas (passionné d'Histoire et soucieux de la transmettre aux générations futures de quelque manière que ce soit) revenant ainsi à son idée originale de faire de la version sérielle de son héros un professeur fictif à vocation pédagogique, à l’intention du jeune public et des autres. Un bonus que ne nous offre malheureusement pas la chaine France 4, mais qui nous propose au moins, au-delà du souvenir nostalgeek, de revoir ou redécouvrir cette série… d’aventure et d’action, mais aussi pédagogique.

 


 

 

Vous pouvez maintenant éteindre votre poste de télévision pour abaisser sur vos yeux ce chapeau usé et aller piquer le martinet de votre épouse (à défaut d’un véritable fouet) et retourner regarder ces épisodes. Mais, attention, France 4 semble vouloir les déplacer par paquet de deux à la mi-journée (entre midi et 14h) dès le 7 janvier. Et toujours dans un désordre le plus complet !

Fiche IMDB de la série (en français)
Sources : TheRaider.net et Indiana Jones Wiki (en anglais tout deux)

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serrurerie paris 16/02/2015 14:30

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.
Cordialement

depannage plombier paris 15 26/01/2015 13:07

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Cordialement

film streamig 11/02/2013 20:21


Oh la série de Indy c'est toute mon enfance, c'est vrai qu'il y a eu du bon et du mauvais mais c'était quand même bien fait dans l'ensemble. Découvrez quelques épisodes
sur http://www.mistergoodmovies.net